Le jeu chez le chien

Le jeu chez le chien

Le jeu chez le chien est un sujet qui fait souvent débat dans le monde canin. Il est bien trop souvent confondu avec la prédation, la décharge émotionnelle, le harcèlement, la chevauche, et j’en passe…

Si on reprend la définition de base du mot “jeu” dans le Larousse on trouve ceci : “Activité d’ordre physique ou mental, non imposée, ne visant à aucune fin utilitaire, et à laquelle on s’adonne pour se divertir, en tirer un plaisir” 

Prenons maintenant une situation que l’on a tous pu observer au moins une fois : un chien qui court après un autre. J’espère qu’on sera tous d’accord sur le fait que ce comportement résulte très souvent de l’instinct de prédation ancré en chacun de nos chiens. En effet, la prédation est un instinct que l’on retrouve chez tout les canidés, y compris nos chiens de compagnie chez lesquels il sera plus ou moins prononcé selon l’individu. En observant ceci, la plupart des humains (avec leur vision d’humain) en disent que les chiens sont en train de jouer ensemble. Or, si on reprend notre définition Larousse, on trouve de légères discordances. Je m’explique… 

Comme dit précédemment, un chien qui court après quelque chose en mouvement est un chien qui entame une séquence comportementale de chasse : il prédate la chose après laquelle il court. Or, à la base, la chasse a une fin utilitaire : se nourrir. Un chien errant qui chasse ne prend pas vraiment plaisir à le faire, il en a juste besoin pour manger. Voilà le premier point qui m’amène à dire que tout ce qui découle de la prédation n’est pas du jeu. Le deuxième concerne le “non imposée” de la chose. Par définition, un instinct est inné. Quand l’instinct de prédation se déclenche, le chien n’a pas vraiment le choix, ce comportement de course est comme un réflexe qui s’impose à lui (encore une fois, à plus ou moins grande échelle selon l’individu). Par conséquent, lorsqu’on lance une balle à un chien dont l’instinct de prédation est développé, a-t-il vraiment le choix que de courir après ? Pour moi, c’est quelque chose que son instinct lui impose : ce n’est donc pas du jeu.

Reprenons maintenant notre situation de base : Médor qui court après Cannelle. On vient de voir que Médor ne jouait pas, mais qu’il prédatait Cannelle. Qu’en est-il de cette dernière ? Car oui, très souvent, avec notre vision d’humain on a l’impression qu’elle joue aussi. La plupart du temps, cette situation va lui être imposée par Médor : il va commencer à la harceler puis elle va courir pour se sortir de cette situation. Elle ne joue donc pas : elle subit… Je dis bien la plupart du temps car dans certains cas, un chien peut inviter un congénère à le courser tout simplement pour avoir son petit shoot d’adrénaline (puis de cortisol), ou bien pour décharger de grosses émotions qu’il vient de vivre. Mais encore une fois, ça ne rentre pas dans notre définition Larousse du jeu 😉 A l’inverse, deux chiens qui courent ensemble, sur de courtes durées, de manière contrôlée et mesurée peuvent être en séance de jeu et non en prédation ! Attention donc à bien vous assurer que les deux chiens jouent réellement, de manière consentie et si ce n’est pas le cas, que l’interaction ne dure pas excessivement longtemps. En effet, ce type d’interaction n’est pas un drame en soit, mais n’est bénéfique ni pour l’un et ni pour l’autre…